Fébrilité à Ottawa à l'approche de la visite de Barack Obama
17 02 2009( Par Fannie Olivier, La Presse Canadienne ) - OTTAWA - La colline parlementaire fourmillait de techniciens et de gardiens de sécurité mardi, et l'agitation montait d'un cran à 36 heures de l'arrivée de Barack Obama en sol canadien.
Et ce n'est pas la venue d'un président américain ordinaire que l'on prépare, mais bien celle d'une véritable "rock star", de l'aveu même de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).
Les manifestants cagoulés, les bombes lacrymogènes et les pancartes aux slogans anti-américains qui accompagnaient systématiquement les voyages de George W. Bush à l'étranger ne devraient pas faire partie du portrait jeudi, selon les policiers, puisqu'ils ne prévoient aucune manifestation hostile.
Ce qui ne signifie pas cependant qu'on met la pédale douce, côté sécurité, car on s'attend à ce qu'une foule "très imposante" prenne d'assaut la capitale fédérale pour saluer l'homme politique.
La GRC avoue néanmoins avoir du mal à évaluer le nombre de personnes qui pourraient se présenter dans les rues d'Ottawa. L'élection de M. Obama à la Maison-Blanche étant historique, l'attrait que représente sa première visite officielle à l'étranger est, par ricochet, difficilement prévisible.
Depuis le début de la semaine, le Parlement est encerclé d'un périmètre clôturé. Une glace semblable à un panneau pare-balles a été installée devant l'entrée principale, sous la Tour de la paix, et des poubelles ont été retirées des rues que pourraient emprunter la limousine présidentielle.
Plusieurs rues de la ville seront fermées et il ne sera pas possible de savoir lesquelles de ces rues seront empruntées par le nouveau président, pour minimiser notamment les risques d'attentat.
"Il y aura plusieurs routes fermées, mais le trajet spécifique n'est pas confirmé", a indiqué Jean-Paul Vincelette, de la police d'Ottawa.
"(M. Obama) arrive à l'aéroport, il va définitivement se rendre au Parlement, mais entre les deux, on (ne révèle) rien de spécifique", a-t-il ajouté.
Ceux qui espèrent apercevoir Barack Obama en chair et os pourraient ainsi devoir réduire leurs attentes.
Horaire chargé
Comme c'est normalement le cas à l'occasion de la visite d'un dignitaire étranger, l'horaire du président est prévu pratiquement à la minute près.
Le premier président noir des Etats-Unis sera d'abord accueilli par la première gouverneure générale noire du Canada, Michaëlle Jean, à l'aéroport d'Ottawa, à 10h30, jeudi matin.
M. Obama arrivera sur la colline parlementaire environ une heure plus tard, et après une cérémonie protocolaire de bienvenue, il s'entretiendra en tête à tête avec le premier ministre Stephen Harper, sans le personnel qui accompagne généralement les deux chefs d'Etat.
Cette rencontre privée d'une dizaine de minutes a été qualifiée "de plutôt unique" par le directeur des communications de M. Harper, Tory Teneycke, lors d'une séance d'information, mardi.
La rencontre de travail des deux hommes politiques débutera véritablement peu après midi, et se poursuivra durant l'heure du dîner. MM. Obama et Harper tiendront enfin une conférence de presse conjointe vers 14h45 en présence d'un nombre restreint de journalistes américains et canadiens, qui auront l'occasion de poser uniquement quatre questions, au total.
Le président prendra ensuite la route vers l'aéroport, où avant de monter dans l'avion présidentiel, il s'entretiendra avec le chef de l'opposition, Michael Ignatieff.
Le bureau du premier ministre refuse de préciser les détails de l'ordre du jour de la rencontre entre les deux chefs d'Etat, mais affirme qu'elle tournera autour de trois thèmes: l'économie et le chômage, l'environnement et la sécurité énergétique, ainsi que l'Afghanistan.
"C'est une première rencontre", a tenu à rappeler M. Teneycke. Il n'a voulu promettre ni communiqué de presse ni dénouement concret sur un de ces sujets.
"Je ne veux pas élever les attentes", a-t-il expliqué.
Publié par : Marcel Charland à 20:07:11Permalien
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